Spleen d'automne
« Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres »*
Écrivait le poète qu'on appelle maudit...
Dès lors, les premiers frimas
Ont posé sur ma joue leurs doigts gelés,
Caresse griffure,
Ont effleuré mes lèvres de leur souffle givré,
Baiser morsure,
Et mon c½ur a frémi
Angoissé comme aux affres de la mort
Tandis que s'estompait la vie
Au dernier rayon de soleil,
Ultime éclat d'or!
« Et rien...
Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer »*
Murmurait le poète, vous savez, le maudit...
Sanglots sur le rivage, pleurs des vagues amères,
La plage est désertée où l'été s'est enfui...
Ne pleurez pas au spleen d'automne
Vous dont les yeux n'ont plus de larmes!
Si ma complainte est monotone
Saura-t-elle exhaler les charmes
Qui sauvent l'âme en perdition?
La vie...
Renaîtra au détour
D'une patiente automnation...
Languissante hibernation...
Étrange dormition...
Oui, la vie renaîtra... un jour!
Bettina - Septembre 2005
* Citations de Charles Baudelaire
