Légende indienne

Légende indienne


Légende indienne

Aux origines du monde, le souffle de Wakan Tanka planait sur les eaux.

Tous les ans, à la lune d'automne la jeune fille, Bison Blanc, venait au bord de la rivière Lakota. Elle se penchait sur les rives, sensible à la transparence de l'air, à la limpidité de la lumière, à la pureté de l'eau, à toutes les ondes bénéfiques du lieu.

Elle venait, complice du grand esprit Wakan Tanka. A la saison où les jours raccourcissent, tous les ans elle venait. Sa présence rassurait les hommes, elle leur rappelait de source sûre que la lumière revient toujours. Et sa voix parlait à leur coeur, tout doucement, sans bruit de mots.

Entre ses mains fines, elle prenait une poignée crissante de feuilles rousses et or. Les chatouillant de son souffle caresse, elle les projetait à l'infini: au dessus de la rivière et des collines, au-dessus des villages de tepees où les humains pleurent et rient, rêvent et désirent, à coeur et à cris, bâtissent leurs vies...

Et ce rituel était comme un cadeau, un temps exceptionnel où était offert à tous et à chacun de se ressourcer, de clarifier son regard.

Alors, sur la terre des Lakota, au roulement des tambours, s'élevait le souffle palpitant de l'univers.

Bettina - Le 17 octobre 2007

# Posté le mercredi 17 octobre 2007 09:39

Modifié le dimanche 28 septembre 2008 07:09

Nocturne en Vendémiaire

Nocturne en Vendémiaire


Nocturne en Vendémiaire

Nuit, tu es douce,
Tu coules en ondes fraîches sur mes épaules,
Je m'immerge corps et âme
Dans tes vagues d'opaline.

Le jardin est paisible,
A peine bercé en rythme fluide
Par la drôle de musique de l'arrosage automatique.

Je me suis calée sur la terrasse
Equipée de deux instruments indispensables:
Une paire de lunettes rouges super classe
Et un somptueux bic noir,
Malicieusement efficace.

Je me tiens immobile, silencieuse,
Face au grand théatre des étoiles...
Là, en miroitement léger,
Se joue l'essentiel.

Nuit, tu es pour moi précieux présent,
Emouvant message d'amour
De cet octobre exceptionnel
Rouge saison des vendanges du coeur.

Je perçois, un peu en retrait,
Le bruissement cathodique de milliers d'écrans
Braqués sur France-Angleterre.
L'enjeu est de taille, je le conçois
Mais je n'écoute rien
Que toi, la nuit,
Et les secrets inédits que tu me confies.

Autour de moi, Végas se pavane,
Dans sa belle fourrure grise,
Espérant vaguement une caresse.
Puis elle s'en va, fière et discrète,
Elégante à pas de velours.

"Dans ma cervelle se promène..."
Comme disait un ami poète,
Dans ma cervelle se promènent,
Très activement se bousculent
La foule infinie de mes attentes face à la vie.
S'exprimeront-elles au bout d'une plume,
Jailliront-elles à fleur de clavier azerty?
Je ne sais!

Pour moi, et comme à mon insu,
S'ouvre une nouvelle lune
Qui pourrait augurer d'une rupture
Entre l'écriture et la vie.
Ou alors une conciliation?
Restent en suspens ces questions,
Comme un point d'interrogation
Accroché à la voie lactée.

Je prends mon temps,
Je savoure l'instant:
A l'indigo de tes bras de nuit,
Ingénument je me blottis,
Je moissonne chacune
De tes perles de lune,
De tes clignements d'étoiles.

C'est très simple,
Bleu comme une évidence:
Je t'aime, la nuit,
Ce n'est pas d'aujourd'hui,
Mais...
J'ai passé trop de temps,
Face à de faux problèmes,
Trop de temps loin de toi,
Triste, sans te contempler.
Tu m'as manqué, la nuit!

Je te retrouve, obscure amie,
En sourires complices
Et éclats argentés.

Je reste là à savourer
Ce bel instant inespéré.
Où tu ruisselles en ondes claires
Au plus intime de mon coeur.

Bettina - Le 13 octobre 2007



# Posté le samedi 13 octobre 2007 16:17

Modifié le dimanche 28 septembre 2008 07:10

Rousse en robe de feuilles

Rousse en robe de feuilles


Rousse en robe de feuilles

Aux premiers frimas de l'automne, mon âme est rousse, savez-vous? Et je m'en vais au vent d'autan, légère en ma robe de feuilles.

Tout doucement, je parcours les allées du jardin à la poursuite de mes rêves qui tourbillonnent. Je vais sans joie ni peine où le hasard me mène.

Je me tais, j'écoute la brise qui murmure:"Carpe diem, carpe solem!" Mais le soleil est fugitif, insaisissable entre mes doigts. Qu'importe! Je garde au fond du coeur la lumière rayonnante d'un élixir astral qui m'a désaltérée tout au long de l'été.

Quelques feuilles crissent sous mes pas, j'en attrape une poignée, j'en respire les effuves... terre et bois en senteur réjouissent mon coeur et doux parfum de mousse cher à mon âme rousse.

Rousse, dites-vous?

Sans conteste! Le soleil m'a jeté un sort, j'ai l'âme rousse incrustée d'or...

Bettina - Octobre 2007

# Posté le mercredi 10 octobre 2007 16:14

Modifié le dimanche 28 septembre 2008 07:11

Spleen d'automne

Spleen d'automne


Spleen d'automne

« Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres »*
Écrivait le poète qu'on appelle maudit...
Dès lors, les premiers frimas
Ont posé sur ma joue leurs doigts gelés,
Caresse griffure,
Ont effleuré mes lèvres de leur souffle givré,
Baiser morsure,
Et mon c½ur a frémi
Angoissé comme aux affres de la mort
Tandis que s'estompait la vie
Au dernier rayon de soleil,
Ultime éclat d'or!

« Et rien...
Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer »*
Murmurait le poète, vous savez, le maudit...
Sanglots sur le rivage, pleurs des vagues amères,
La plage est désertée où l'été s'est enfui...

Ne pleurez pas au spleen d'automne
Vous dont les yeux n'ont plus de larmes!
Si ma complainte est monotone
Saura-t-elle exhaler les charmes
Qui sauvent l'âme en perdition?

La vie...
Renaîtra au détour
D'une patiente automnation...
Languissante hibernation...
Étrange dormition...
Oui, la vie renaîtra... un jour!

Bettina - Septembre 2005

* Citations de Charles Baudelaire
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# Posté le mercredi 10 octobre 2007 15:16

Modifié le dimanche 28 septembre 2008 07:11

Mots pour mots

Mots pour mots


Mots pour mots

Il renaît mon plaisir d'écrire
Comme la rose au mois de Mai,
Oui, je le sens s'épanouir,
S'affirmer en désir d'aimer.

Et voici les mots!
Je les aime!
Qu'ils soient criblés de larmes
Ou pailletés de joie,
Silencieusement distillés
A l'alambic des émotions,
Ou délicatement ourlés
Sur soie sauvage en sensations.

Je les aime, ferveur subtile,
Très mystérieuse alchimie,
Etrange communion tactile,
Tonique expression de la vie.

Ils me portent aux ailes du rêve,
M'envolent comme les nuages,
Leur mélodie me réjouit,
M'enivre comme un vin nouveau

Ils flamboient dans mes yeux,
Ils brûlent dans mon coeur,
Ils coulent entre mes doigts,
Allègres, irrépressibles,
Vigoureux sous ma plume
Qui leur donne la vie.

Ils sont le rythme de mes pas
Et la pulsation de mon sang...
Ils sont... les mots!
Et pour leur beauté inouïe,
Pour leur pouvoir quasi magique,
Je les aime!

Bettina

Illustration intitulée: "Stylo d'amour"

# Posté le vendredi 05 octobre 2007 16:41

Modifié le dimanche 28 septembre 2008 07:11