Et zut alors!

Et zut alors!

Et zut alors!

Et zut alors, dit l'elfe poète!
Voilà que s'est enfuie mon inspiration!
Les tracas insidieux,
les occupations lancinantes du quotidien
me rongent la vie, tarissent en moi la source de poésie!
Voyez!
C'est comme cette grosse mouche importune
qui se pose sur le bout de mon nez .
J'ai beau grimacer, remuer,
tempêter, vociférer...
elle ne veut plus me lâcher!
Pour finir, mes yeux louchent,
mes idées se dispersent
et mes pensées s'embrouillent...
Mouche, mouche... pattes de mouches
impertinentes sur le papier:
ma tête ne veut plus rimer
et mon coeur ne sait plus rêver!
Que faire pour chasser l'insolente
du bout de ma plume indolente?
Mouche, je m'en vais te moucher!
D'un battement de cil te métamorphoser,
Toi, insecte indocile en petit grain d'beauté!

Bettina - Le 27 juin 2007

# Posté le mercredi 27 juin 2007 05:02

Modifié le dimanche 28 septembre 2008 07:37

Pantoum étoilé

Pantoum étoilé


Pantoum étoilé

Le jardin silencieux s'est habillé de lune,
En tourbillon léger se déploient les étoiles,
Fluides, fugitives, se faufilent sans voile
Dans l'ombre de la nuit qui caresse la dune.

En tourbillon léger se déploient les étoiles,
A la voûte du ciel discrètement s'allument
Dans l'ombre de la nuit qui caresse la dune...
Je les cherche des yeux, douces amies astrales.

A la voûte du ciel discrètement s'allument,
Elles brillent complices d'un éclat minéral,
Je les cherche des yeux, douces amies astrales,
Espiègles, insaisissables dans leur rêve nocturne.

Elles brillent complices d'un éclat minéral
Révélant les mystères et les secrets des runes,
Espiègles, insaisissables dans leur rêve nocturne,
Elles ondoient le monde en lumière sidérale.

Bettina – Le 11 juin 2007

# Posté le lundi 11 juin 2007 16:04

Modifié le dimanche 28 septembre 2008 07:38

Cicada solaris

Cicada solaris

Cicada solaris

Dans une flaque de soleil, une cigale se dore les ailes,
jouant espièglement de ses cymbales claires.
Crissante mélodie, stridulante symphonie,
son hymne d'allégresse à l'été triomphal
s'élève, se mêle aux parfums d'asphodèle.
Au coeur incandescent de cette fournaise estivale,
je me tiens en attente...
aspirant profondément à me désenvoûter de poésie.
La sensation de ne vivre, de ne respirer désormais
que par elle et pour elle me devient accablante!
Son charme insidieux malmène ma raison,
ma vitalité et même mes sentiments...
... tout ce qui en moi bouge et vit.
Son charme irrésistible... je le voudrais plus diffus...
Je me laisse baigner, diluer, absorber, noyer
dans l'excessive ardeur du soleil.
De ses rayons purificateurs,
il consume les miasmes de mon esprit ensorcellé,
exténué, malade, enfiévré de cette sorte de folie
indispensable à la poésie mais qui parfois me submerge.
En généreuses coulées d'or fin,
il régénère mon énergie créatrice.
Je me tiens là sous ses rayons pour cette intime catharsis,
ce mystérieux rituel saisonnier dont je renais.
Cette cigale aux fines ailes irisées
de mille goutelettes de lumière,
cette chanteuse innocemment craquetante,
cette joyeuse cymbaliste en robe d'été,
cette provençale au télescopique regard de rubis,
cette cicada solaris... je lui ressemble.
Comme elle, je m'apprête à changer d'enveloppe,
prémiditant ma nouvelle mue dans une flaque de soleil.

Bettina - Juin 2006

J'ai pris quelques libertés "poétiques", en réalité, les mues de cigales se passent sous terre. La mienne a choisi de muer en plein soleil, allez donc savoir pourquoi!
"Lou souleù mi fa canta", telle est la devise de la cigale ( latin cicada) provençale. Au XIIIème siècle, les troubadours portaient comme insigne corporatif une cigale séchée sur leur chapeau.

# Posté le mardi 05 juin 2007 15:03

Modifié le dimanche 28 septembre 2008 07:39

Fantaisie saisonnière

Fantaisie saisonnière

Fantaisie saisonnière

Un fantasque printemps dérobe la lumière,
Dans un éclat de rire déploie le vent, la pluie,
Chahute le jardin en sa belle harmonie
Défiant la météo en caprices pervers.

Eole, dieu des vents, fringant et toujours vert,
Vient s'abreuver aux larmes de Vénus la jolie,
Lors le bel Apollon, sombre en neurasthénie,
Il en perd ses rayons et déserte l'éther.

Le ciel à l'horizon se décolore en gris...
Goutte à goutte berçant les roses éphémères,
L'averse à ma fenêtre chante sa mélodie.

« Il pleure dans mon c½ur comme il pleut sur la mer* »,
Cruel et insolent, le mois de mai s'en rit...
Le printemps facétieux se déguise en hiver.

Bettina – Le 29 mai 2007


* Citation originale de Paul Verlaine : « Il pleure dans mon c½ur comme il pleut sur la ville »

# Posté le mercredi 30 mai 2007 02:45

Modifié le dimanche 28 septembre 2008 07:40

Ella (texte en vers libres)

Ella  (texte en vers libres)


Ella

Son amour déchiré
Tourne en rond dans sa cage
Comme un oiseau blessé.
Les mots sont étranglés dans sa gorge,
Emprisonnés dans son coeur,
La douleur est muette
Lorsqu'elle est infinie.

Depuis "après lui",
Il n'est plus de poésie,
Sinon par "à coups",
Derniers soubresauts d'une créativité
Qui n'en finit plus de mourir.

On dit souvent que le poète
Loin de sa Muse se languit...
Ella, poétesse solitaire,
Exilée loin de "lui"
Scrute en vain l'horizon,
Recherche en vain l'étoile
Dans son ciel déserté.

Elle a pourtant choisi de s'éloigner de "lui",
Elle n'assumait plus ses sentiments meurtris,
Elle a fui la souffrance, excès de la passion.

Peut-être souffre-t-elle moins à présent
Mais elle vit comme en un désert:
Aridité du ressenti, aphasie des sensations,
Vacuité absolue de tout ce qui constitue
L'essence même de la poésie.

Parfois, à la surface étale de l'océan des sentiments,
Un souvenir, comme une petite vague de "lui",
Vient clapoter, remuer l'eau,
La troubler de quelques bulles azurées.
Ondoyée, l'espace d'un instant,
Elle reprend sa plume,
Concentre toute son énergie créatrice et amoureuse
En un poétique et fugace enfantement.

C'est comme une étincelle des joies passées
Qui doucement illumine sa vie.

Elle sait que ça ne durera pas,
Que le désert reprendra ses droits
Asséchant rires et larmes,
Mais qu'importe?
Elle se réjouit de ces instants de grâce,
D'autant plus magiques qu'ils sont rares,
De ces moments bleus et or où son navire
Croise à quelques encablures des côtes de Poésie.

Bettina - Le 22 mai 2007

# Posté le mardi 22 mai 2007 15:13

Modifié le dimanche 28 septembre 2008 07:41