Sage ou fou?

Sage ou fou?


Sage ou fou?

Va à la source du poème,
A l'orée de l'inspiration,
Tout rimera avec je t'aime,
Tout vibrera d'exclamation!
Le poète défie la raison,
Il connaît les secrets de l'univers
Et les traduit de sa plume légère,
Il entrevoit l'invisible
Et le décalque de son talent visionnaire.
Tout pleure sur terre?
Le poète rit et t'invite à revêtir la joie,
Sa robe aux couleurs chatoyantes!
Tout rit sur terre, d'un rire dément?
Il t'initie à la compassion!
Tu prends dans ton c½ur, à ton compte,
La lourde misère du monde!
A son initiative, un peu magique,
Prennent vie tous les rêves humains
Et peu s'en faut qu'ils ne se réalisent...
Triste, le poète?
Il a toujours dans son âme d'enfant
Quelques ressources inédites
Pour retrouver son rire
Et t'envoyer au c½ur
Quelques éclats de joie!
Joyeux?
Jamais il ne t'imposera une insolente hilarité
Que tu ne partages pas
Et si tu pleures...
Il saura s'arrêter pour verser quelques larmes avec toi!
Il n'est pas un fou, il n'est pas un sage...
Peut-être un peu des deux,
Il essaie simplement de poser sur la vie
Un regard apaisé
Et de le transmettre au fil de ses mots!

Bettina

Illustration: "Le poète" de Marc Chagall

# Posté le mardi 15 mai 2007 15:35

Modifié le dimanche 28 septembre 2008 07:41

Et me revoici...

Et me revoici...

Et me revoici dans un paysage connu
Celui de désolation
Où m'échappe l'inspiration
Où la magie des mots me fuit
Désir d'écrire vire au déni
Écrire... oui... même trois fois rien:
« Rien, rien , rien... »
Écrire... à la pointe de mes soupirs
D'amour ému, d'amour aimé,
Au sel de mes désirs
Fous d'étreintes et de baisers
A la fontaine de mes délires
Fantasmes sans réalité
Écrire à rime aride, à rime avide
A vers languides, à vers lucides,
A vers luisants
De temps en temps,
Dans la nuit la plus obscure
Berçante de bruissants murmures...
La nuit...
Tous les chats sont gris,
Pas un écrit ne fleurit
Au ras de mes paupières assoupies,
Sous mes cils, sens tactiles,
Aiguisés, à l'affût
D'une idée biscornue,
D'une pensée farfelue
Qui pourrait naître
Et folâtrer sous ma plume bigarrée,
A l'arrêt...
Écrire... en retrouver au moins l'essence du désir,
Le goût d'éternité aux effluves bleutées!

Bettina

Ilustration: "Oiseaux de nuit", peinture de Jacqueline Bricard

# Posté le mardi 15 mai 2007 15:14

Modifié le dimanche 28 septembre 2008 07:42

Vie d'ange - Un poème de Daniel Lacoste

Vie d'ange   -   Un poème de Daniel Lacoste


Vie d'ange

La course folle, un jour s'immole
On se cajole, on se console
La nuit un rêve, toute douce trêve
Nos corps s'apaisent la joie aux lèvres

Et cette s½ur parfois oubliée
Et cette mère qui a si souvent veillé
Coup de poing dans l'oreiller; larmes rouillées
Le c½ur parmi ses sens, l'envers des choses cachées

Pourquoi pas la nature dans sa vérité
Jamais de mensonges, jamais de songes,
Seule dans son désert vogue l'âme esseulée
Pousse moi cyprès que je plonge

Parfois un rire au-dessus du soupir
Un clin d'½il complice au-dessus du vice
Les yeux qui brillent, la vie d'artifice
Quel est ton nom je n'en ai plus souvenir

Daniel Lacoste - Avril 2007

# Posté le mardi 08 mai 2007 15:59

Modifié le dimanche 28 septembre 2008 07:43

Altère ego (2)

Altère ego (2)

Altère ego (2)

Camomilla:

Béate, dis-tu? Sois sûr que ce ne sont pas tes jérémiades qui me portent à la béatitude! Encore cette vieille histoire que tu ressors du tiroir? Nous en avons parlé mille fois au cours des derniers mois.... Je pense sincèrement qu'il est inutile de ressasser! Ne vois-tu pas que j'essaie d'oublier, moi aussi! Fais comme-moi : bouge, active-toi, sors au grand soleil et puis... arrête un peu d'écrire! Ne sens-tu pas que cela te fait plus de mal que de bien, que cela altère ton ego cette plume qui tourne obsessionnellement autour de l'encrier de ton nombril!
Au lieu de décortiquer les peines éternelles de ton c½ur, ouvre les yeux aux joies discrètes et menues de ce nouveau printemps! Descends au jardin! Vois! Les roses en corset de velours satiné, sont prêtes à se déboutonner et à libérer leur sensuelle fragrance! Sens! Ta peau n'aspire-t-elle pas à la caresse du soleil qui sait calciner toute l'amertume d'un chagrin d'amour pour n'en dorer que les bons souvenirs!
Allons, Camomillus, ignore ta douleur, traite-la par le mépris pour qu'enfin elle cède!

Et de ta déchirure
Bercée à vol d'oiseau,
De ta vive blessure
Naîtront des mots plus beaux.

Les deux ailes du c½ur
Sont plaisir et douleur,
C'est de leur équilibre
Que tu peux vivre libre.

Même si tu n'y crois pas,
Muré dans ta souffrance,
Tu sauras pas à pas
Réapprendre la danse.

Donne-moi donc la main,
Descendons au jardin
Puiser rêves vermeils
Et liqueur de soleil.

Soyons amis, Camomillus!

(à suivre)

Bettina - Avril 2007

# Posté le lundi 23 avril 2007 03:57

Modifié le dimanche 28 septembre 2008 07:44

Altère ego (1)

Altère ego (1)

Altère ego (1)

Camomilla a un double, Camomillus, qui prend sa voix dans les jours de souffrance. Son débit est un peu étrange et précipité... Il parle tantôt en vers très biscornus, très irréguliers, tantôt en prose... toujours oppressé par l'étendue de son mal être. Camomilla ne tolère pas cet "altère ego" si geignard et si larmoyant. Elle a, depuis toujours, adopté un parti pris d'optimisme et supporte à grand peine cet hôte intérieur qui voit la vie sous les couleurs les plus sombres! Souvent, ils se parlent sans aménité. Ce soir, Camomillus soliloque pendant que Camomilla s'évertue à l'ignorer.

Camomillus:

Je trimballe ma déchirure
Et je promène mes blessures
Sans cicatriser!
Pour elle seule j'écrivais,
Elle m'a délaissé...
Mon encre s'est tarie
Mais ma peine survit!
Douleur, tu es sans saveur,
Tu cristallises mes peurs,
Tu colles à mes basques,
Tu grimaces sous ton masque,
Insolente douleur,
Rayonnante hideur!
Je m'assois au bord de la route,
Captif, enchaîné à mes doutes,
Je ne sais plus avancer
Mu par ce chagrin secret,
Complexe en ses méandres
Que nul ne peut comprendre!

Et puis... mince alors, à quoi sert de tant versifouiller, tout ça pour dire que je l'aime et qu'au train où vont les choses je ne suis pas prêt de l'oublier! Amour toujours, amour toujours, amour toujours... c'est lancinant! Et qu'en dis-tu, toi, la béate?

(à suivre)

Bettina Avril 2007

# Posté le dimanche 22 avril 2007 18:33

Modifié le dimanche 28 septembre 2008 07:45